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VIRUS AVIAIRE H5N1

Le 27 novembre 2015
VIRUS AVIAIRE H5N1

Retour du H5N1

Article du FiGARO santé 

Grippe aviaire : quel danger pour l'homme ?

Par figaro iconFrançois Roger - le 13/11/2013
AVIS D'EXPERT - H5N1, H7N9 : le Dr François Roger, épidémiologiste au Cirad, fait le point sur les récentes études concernant ces variantes de la grippe transmise à l'homme par les volatiles.

 

Le Cirad travaille en Asie et en Afrique sur les virus Influenza (grippes) touchant les animaux domestiques, sauvages et représentant un risque pour l'homme. Il s'agit du virus H5N1, hautement pathogène pour les volailles, du virus H1N1pdm09, qui se transmet de l'homme aux porcs domestiques, et plus récemment du virus H7N9 émergent en Chine cette année.

Le virus H5N1 est toujours présent dans plusieurs pays d'Asie du Sud-Est et du Sud ainsi qu'en Égypte. Cette grippe aviaire persiste sous un mode endémique et se transmet à l'homme à certaines conditions, en particulier lors d'une proximité étroite dans les élevages avec des volailles vivantes infectées. La persistance de ce virus et son intense circulation dans certaines régions laissent toujours planer une menace d'évolution vers une souche pandémique.

Pareillement, la circulation du virus H1N1pdm09 chez les porcs domestiques pourrait conduire par mutations et/ou recombinaisons à l'émergence de souches dangereuses pour l'homme.

Une même origine chinoise pour H5N1 et H7N9

La souche du virus H7N9, qui a émergé en Chine, a provoqué l'émergence de plusieurs dizaines de cas humains de cette grippe aviaire, dont plusieurs décès. Plusieurs travaux de virologie et d'épidémiologie ont confirmé le rôle des marchés de volailles vivantes dans l'origine de la transmission à l'homme. L'effet de la fermeture des marchés sur l'épidémie renforce ces observations. Cependant, des interrogations persistent sur les modes de transmission: des visiteurs occasionnels ont été infectés alors que des professionnels non. Cela est également compliqué par le fait que ce sous-type H7N9 ne provoque pas de maladie chez les volailles, ce qui favorise sa diffusion à bas bruit.

Des travaux sur ces deux virus, H5N1 et H7N9, font remonter leur origine au même endroit en Chine. Des chercheurs chinois ont ainsi trouvé des preuves convaincantes que les zones à haut risque d'infection humaine par le sous-type H7N9 et les virus H5N1 sont codistribuées dans une région limi­trophe des provinces de l'Anhui et du Zhejiang, ce qui suggère que cette région pourrait être un territoire où émergent et/ou se transmettent de nouvelles souches de virus influenza.

Le Cirad aborde en Asie du Sud-Est les déterminants de la grippe aviaire H5N1, les modalités de surveillance et de contrôle en analysant les risques d'introduction, de diffusion et de limitation des mesures de contrôle en vigueur dans certains pays (biosécurité des élevages, stratégies vaccinales). Ainsi, des travaux en cours portent sur l'évaluation des systèmes de surveillance des élevages afin de les optimiser en prenant en compte également les ressources humaines et financières disponibles dans des pays où ces moyens sont en général limités. Nous étudions également les possibilités de conjuguer les systèmes vétérinaires aux systèmes de santé publique. Dans ce cadre, ce n'est pas uniquement le virus H5N1 qui est concerné mais également potentiellement le H7N9, le H1N1pdm09 et d'autres virus Influenza A, présents en Asie. En effet, la circulation de plusieurs souches hautement pathogènes pour les oiseaux (H5N1), les humains (H1N1pdm09, H7N9) et la circulation également de ces souches, qui circulent à bas bruit chez certaines espèces - H7N9 chez les volailles, H1N1pdm09 chez les porcs -, augmentent le risque de voir apparaître une souche adaptée aux mammifères, et plus précisément à l'homme.

Risque d'une réémergence l'hiver prochain

Une analyse de risque relative à l'introduction (par commerces légal et illégal) de souches H5N1 de la Chine vers le Vietnam a été conduite par les équipes du Cirad et des partenaires vietnamiens. Cette méthode peut également être adaptée et appliquée au sous-type H7N9.

Les contaminations humaines dues au virus H7N9 se sont poursuivies cet été en Chine. À ce jour, aucun cas n'a été officiellement recensé en Asie du Sud-Est (Cambodge, Vietnam, etc.) ni plus globalement en dehors de la Chine continentale (hormis Taïwan). Spécialistes et autorités redoutent cependant une réémergence durant l'hiver prochain.

Le Cirad a été mobilisé au début de l'épidémie de H7N9 pour aider l'OMS à Pékin à la gérer et contribuer à l'ana­lyse spatiale des données. Des échanges ont lieu actuellement avec des chercheurs chinois pour appliquer des méthodes statistiques qui permettraient d'estimer la distribution de l'infection chez les volailles. Avec nos collègues de l'université de Londres, des travaux de modélisation sont initiés avec pour objectif d'évaluer les risques de diffusion en Asie du Sud-Est.

Le rôle mineur des oiseaux sauvages

Les risques pour les autres continents et en particulier l'Europe: le commerce de volailles vers l'Afrique pourrait, comme pour le H5N1, introduire le sous-type H7N9 dans certains pays (Égypte, Nigeria). En Europe de l'Ouest, les mesures de protection et de prévention ainsi que la qualité des services vétérinaires limitent grandement une introduction du virus par cette voie.

Le rôle des oiseaux sauvages dans le cas du H5N1 a été particulièrement étudié par le Cirad, qui a estimé que les risques de transmission sur de longues distances sont très faibles. Concernant le H7N9, des hypothèses ont été formulées sur le rôle potentiel de certaines espèces migratrices dans l'émergence de cette souche, mais pour le moment nous manquons de données et d'études.

Les systèmes de surveillance sont essentiels afin de pouvoir intervenir le plus vite possible: dans un monde globalisé, il est dans l'intérêt de tous de collaborer avec la Chine, qui, par ses modes d'élevage, les densités humaines et d'autres facteurs peut être à l'origine de virus émergents, et d'aider les pays les moins avancés, en particulier d'Asie du Sud-Est, à développer et adapter des réseaux de surveillance. Ces maladies émergentes étant pour la plupart des zoonoses (maladies transmissibles de l'animal à l'homme), il est également indispensable d'aborder la santé dans son ensemble en faisant coopérer vétérinaires, médecins et spécialistes de l'environnement (écologues).

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